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Mon Parcours pour Obtenir la Résidence Permanente - Partie 2


Si vous n'avez pas lu « Mon Parcours pour Obtenir la Résidence Permanente - Partie 1 », je vous invite à le faire avant de continuer. Cela vous donnera un contexte pour la suite.


La semaine dernière, je vous parlais des programmes de résidence temporaire et de résidence permanente dans le cadre de l’Entrée express. Tous les programmes et avenues que j'ai abordés étaient basés sur des motivations économiques - à la fois pour l'État du Canada et pour les immigrants. Aujourd'hui, je voudrais parler de l'immigration non économique.


Il est important de différencier l'immigration économique de l'immigration non économique. Un migrant économique est une personne qui voyage d'un pays ou d'une région à un autre afin d'améliorer son niveau de vie. Les migrants non économiques désignent généralement les réfugiés, les personnes protégées et les apatrides.


Je n'étais pas réfugiée. Il n'y a pas de guerre en cours en Belgique. Je n'ai pas été persécutée ni menacée par l'État. Je ne suis certainement pas admissible en tant que personne protégée. En même temps, je ne serais pas non plus considéré comme une immigrante économique en soi. Je me suis installée au Canada en partie parce que je voulais y vivre et travailler, mais ce n'était pas ma principale motivation - aussi ringard que cela puisse paraître, ma principale motivation était l'amour.


Cependant, l'immigration légale ne traite pas dans les sentiments. L'immigration légale peut se présenter comme bienveillante, comme un coup de main pour ceux qui en ont besoin, mais soyons honnêtes. Les pays n'autoriseraient pas l'immigration s'ils n'en tiraient pas des bénéfices. L'objectif premier de l'immigration légale est économique. J'ai peut-être décidé de déménager pour des raisons sentimentales, mais l'État doit quand même en profiter. Sinon, eh bien, il ne m'accueillerait pas. Mais comment le Canada profite-t-il exactement des programmes de regroupement familial ?


La plupart des pays, dont le Canada, partagent des valeurs familiales similaires. Les familles sont au cœur de l'interaction humaine et sont très précieuses pour les États. Un citoyen avec un soutien familial solide se tournera vers eux en cas de besoin. Un citoyen sans système de soutien devra compter sur l'État.


Le développement de l'État providence vient de cette idée : certaines personnes n'ont pas accès au soutien familial en cas de besoin. Ils n'ont personne vers qui se tourner s'ils perdent leur emploi ou s'ils tombent malades. Les États ont ainsi développé des programmes de soutien aux personnes vulnérables. L'État a assumé un rôle auparavant occupé par les familles. Bien que de nos jours, tout le monde *ait* accès à l'aide sociale, tout le monde n'en dépendra pas. Assez souvent, quelqu'un se tournera d'abord vers sa famille. Par conséquent, un citoyen doté d'un solide système de soutien familial devrait coûter moins cher à l'État qu'un individu isolé. Les familles sont précieuses.


En tant qu'êtres humains, nous comprenons l'importance des liens sociaux et la proximité des membres de la famille. L'État comprend également que dans l'ensemble, deux membres d’une même famille coûteront moins cher que s'ils étaient séparés. À ce titre, il n'est pas surprenant que les États autorisent les membres d’une même famille à vivre ensemble si l'un d'eux a le droit de vivre dans le pays.


Le Canada a créé une classe non économique ou une classe familiale spécifique pour traiter ces types de demandes. Plus précisément, les citoyens canadiens ou résidents permanents du Canada peuvent parrainer les membres suivants de leur famille : époux, conjoint de fait ou partenaire conjugal (de sexe opposé ou de même sexe), enfants à charge, parents, grands-parents, enfants adoptés de l'étranger, et dans des circonstances spécifiques, d'autres membres de la famille.


Le parrainage dans le cadre du regroupement familial a une intention différente de celle des programmes d'Entrée express que j'ai mentionnés dans l’article de la semaine dernière. Un candidat au programme Entrée express doit prouver sa valeur économique. L'État veut savoir si le demandeur sera un membre contributeur de la société - en d'autres termes, s'il paiera des impôts. Au contraire, « le programme d’immigration au titre de la catégorie du regroupement familial vise à réunir des citoyens et des résidents permanents du Canada et les membres de leur famille proche. En s’engageant à parrainer des membres de la catégorie du regroupement familial, le répondant promet que, pendant une période précise, il subviendra à leurs besoins fondamentaux afin qu’ils n’aient pas à recevoir d’assistance sociale. »


Vous souvenez-vous lorsque je parlais de motivation économique ? Un citoyen canadien ou un résident permanent qui parraine un membre de leur famille sera financièrement responsable de ce membre afin que l'État n'ait pas à le faire. L’État transfère littéralement sa responsabilité sociale à la famille du demandeur - et c’est ainsi que le gouvernement du Canada peut justifier les programmes de regroupement familial.


Les exigences pour le regroupement familial sont différentes des programmes Entrée express. Le système n'est pas basé sur des points. L'État ne vous demandera pas vos qualifications ou votre expérience professionnelle. Ce qui compte pour l'État est que vous êtes un membre réel d'une famille canadienne, car cette famille est susceptible de subvenir à vos besoins en cas de besoin.


C'est la voie que j'ai décidé de prendre pour obtenir ma résidence permanente. Elle est totalement spécifique à ma propre situation et ne s'applique pas à tout le monde. Ma réalité est que mon partenaire est canadien et nous voulions vivre au Canada. L'État du Canada reconnaît que cette situation justifie de m'accorder la résidence permanente. J'ai donc présenté une demande dans le cadre de la catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada.


Mon partenaire et moi ne sommes pas mariés, mais le Canada permet aux couples non mariés de se qualifier pour le regroupement familial. Les couples doivent toutefois être considérés comme des conjoints de fait. La définition des conjoints de fait varie selon les pays. Pour le gouvernement canadien, une union de fait signifie qu'un couple vit ensemble depuis au moins un an dans une relation conjugale.


Il est cependant très important de souligner qu'une union de fait existe à partir du jour où deux personnes peuvent fournir des preuves de leur cohabitation dans une relation conjugale. Mon partenaire et moi avons vécu ensemble pendant presque la totalité de notre relation. Cependant, lorsque nous avons décidé d'immigrer au Canada au début de 2017, nous n'avions aucune preuve pour prouver notre cohabitation. Sans cela, nous n'aurions pas pu nous qualifier. Le gouvernement canadien n'allait pas nous croire sur parole. C'est pourquoi (du moins en partie) nous avons décidé de vivre en Europe pendant plus d'un an avant de déménager de l'autre côté de l'océan Atlantique.



Nous avons utilisé ce temps pour soutenir mon application. Notre objectif était la documentation. Notre première étape a été d'enregistrer à la commune mon partenaire à la même adresse que celle à laquelle j'étais inscrite. Cette première étape a été cruciale. Elle a déterminé la date exacte à laquelle nous devenons légalement cohabitants et fixait ainsi la date à laquelle nous serions officiellement en mesure de prouver notre union de fait.


Nous avons pris d'autres mesures, car plus les preuves sont nombreuses, mieux c'est. Une fois que nous avons trouvé un appartement, nous nous sommes assurés que nos deux noms figuraient sur le contrat de location. Nos factures, assurances maladie et comptes bancaires ont tous été ouverts avec la même adresse. J'ai également obtenu des certificats de police et un document de composition du ménage à la commune. Une étape à laquelle je n'avais pas pensé, mais qui aurait pu être utile, aurait été de déjà s'inscrire comme conjoints de fait en Belgique. Comme je l'ai mentionné, les exigences varient d'un pays à l'autre, je ne suis donc pas sûre que nous nous serions qualifiés, mais cela aurait pu être utilisé comme preuve supplémentaire.


Une fois que nous avons déménagé au Canada, nous avons continué sur la même ligne. Nous avons ouvert des comptes bancaires joints. Nous avons établi les factures à nos deux noms plutôt qu'à l'un ou à l'autre. Nous nous sommes ajoutés en tant que partenaires juridiques sur nos assurances maladie. Nous nous sommes mutuellement mis en tant que contact d'urgence et bénéficiaire en cas d'accident. J'ai même échangé mon permis de conduire belge contre un permis canadien pour qu'il corresponde à celui de mon compagnon.


Ce n'était pas tout. Le gouvernement canadien est minutieux. La cohabitation n'est qu'une partie d'une relation. On m'a demandé de fournir des photos qui dépeignaient notre relation ; des lettres de la famille et des amis ; des relevés bancaires qui prouvaient un soutien financier entre nous. L'ensemble du processus ressemble à une invasion de votre vie privée. Il ouvre une porte généralement fermée ou réservée à vos proches. J’ai suivi les directives à la lettre.


J'ai également dû fournir une vérification complète de mes antécédents. On m'a essentiellement demandé de raconter ce que j'avais fait pendant les dix dernières années - où je vivais, ce que je faisais comme travail et tout autre événement pertinent. Je me souviens avoir presque pleuré quand ils m'ont demandé de lister toutes les fois où j'ai quitté la Belgique depuis mes 18 ans. Le formulaire PDF s'est planté parce que j'ai essayé d’entrer trop d'entrées. Finalement, je n'ai même pas envoyé de liste complète parce que je ne me souvenais pas de tout. J'ai ajouté une lettre expliquant que je n'incluais pas les déplacements à l'intérieur de l'espace Schengen - la zone de libre circulation de l'Union Européenne - parce qu'il n'y avait aucun moyen pour moi de documenter cela.


Au moment où j'ai recueilli suffisamment de preuves, ma demande comptait plus de 100 pages.


Le Ministère estime que le processus de demande dans le cadre de la catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada prend jusqu'à 12 mois. Ils commencent par examiner l'admissibilité du parrain. Une fois qu'il a été approuvé, le Ministère examine les renseignements de base fournis par le demandeur. Le demandeur est ensuite invité à passer un examen médical. Vous savez que vous atteignez la fin du processus de demande quand ils vous demandent des certificats de police, car c'est généralement la dernière étape.


Ma demande a pris environ six mois - donc la moitié du temps estimé. Pendant ce temps, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a à peine communiqué avec moi. Ce fut une période stressante. Le temps passe et vous ne savez pas si les choses vont bien - ou pas. Parfois, une lettre est envoyée, demandant des informations supplémentaires ou pour effectuer une tâche telle que passer un examen médical. Le reste du temps, c'est silence radio.


Ce n'est qu'une fois mes certificats de police remis que les choses ont vraiment avancé. J'ai été invitée à un dernier entretien pour vérifier mon identité et confirmer mon statut. L'entrevue s'est déroulée sans tracas et a duré moins de 10 minutes - temps d'attente exclu. J'ai répondu à quelques questions, donné mon passeport et mes photos, et signé un tas de documents. Quelques semaines plus tard, j'ai reçu ma nouvelle carte de résident permanent par la poste.


Les processus d'immigration légale sont lourds, longs et tellement coûteux. Vous devez payer les frais de parrainage (75 $), les frais de traitement du demandeur principal (475 $) et les droits de résidence permanente (490 $), plus les frais de prolongation du permis de travail (255 $). En plus de cela, il vous sera demandé de passer un examen médical complet - non remboursable via votre assurance maladie. La plupart des documents officiels et / ou certifiés sont également livrés avec leurs propres frais, qui varient selon le pays.


Est-ce juste?


Je ne pense pas. Tout le monde n'aura pas cette somme d'argent facilement disponible. Vous avez besoin de ressources (financières), de temps et de patience. Vous devez être proactif et anticiper ce qui vous sera demandé. Je n'ai pas apprécié le processus. Le simple fait de penser que je devrais probablement recommencer dans quelques années pour obtenir la citoyenneté me décourage.


Bien sûr, je le ferai quand même. Et je peux maintenant dire, avec fierté dans mon cœur, que je suis une résidente permanente du Canada. Ça vaut le coup ? À cent pour cent. Est-ce que je voudrais le faire de nouveau ? Sûrement pas !

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