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Se Préparer pour l'Ontario, Canada


Je veux parler de quelque chose de bon, de positif.


Parfois, je me demande si écrire ce blog ne me fait pas paraître plus déprimée que je ne le suis réellement. La vie, ma vie, ne se résume évidemment pas à l'injustice, la discrimination et l'anxiété. Elle est aussi pleine de joie, surprenante et fascinante.


Je veux parler de quelque chose de bon, de positif.


Je crois que je suis une optimiste. Je veux croire que l’humanité est bonne, que nous faisons des erreurs mais que nous pouvons en tirer des leçons. Je crois que nous pouvons pardonner et avancer. Je l’ai déjà dit plus tôt sur ce blog, je suis probablement naïve. Mais j'aime avoir un état d'esprit positif dans la vie. Cela me fait sourire et me permet d’aimer les gens de tout mon cœur.


Alors, quelque chose de positif hein ? Qu'est-ce qui me rend heureuse, excitée, giggly ces jours-ci ? Dans environ deux mois, je vais essayer de mettre toute ma vie dans deux valises de 23 kg et un bagage à main et partir pour un tout nouveau continent. Destination ? Le Canada.


Revenons un peu en arrière. Je suis européenne. Je suis belge. J’ai déjà vécu à l’étranger, j’ai beaucoup voyagé, mais je suis toujours revenue en Belgique. C’est ma maison, où vivent ma famille et mes amis. Je peux partir pendant des semaines ou des mois, je sais qu’ils seront toujours présents à mon retour. Il y a quelque chose d’incroyablement apaisant dans l’idée de toujours avoir quelqu'un qui vous attend quelque part.


Cette fois-ci, c'est différent. Parce que cette fois, c’est censé être pour de bon. Je prévois de déménager au Canada de façon permanente. Je veux dire, pour toujours. Enfin, on ne sait jamais, mais pour l’instant, je suis prête à déménager. C'est différent des dernières fois où j'ai déménagé à l'étranger. Je me sens plus audacieuse, plus courageuse. Je pourrais échouer, mais quelle idée excitante. Je sais ce que déménager à l'étranger implique. Je l’ai déjà fait, alors je passe à la prochaine étape avec calme et confiance (ou du moins, je l’espère).


J'ai déjà habité au Canada, à Montréal pour être précis. Ma mère a toujours adoré le pays. Elle a travaillé et vécu à Montréal pendant quelques années avant de m’avoir. Elle est tombée amoureuse de la région. En grandissant, j’entendais sans cesse parler du Canada et des paysages extraordinaires du pays. Ce n’est donc pas une surprise si ma mère a dit à sa fille de sept ans que nous allions déménager à Montréal.


J'étais très jeune, donc mes propres souvenirs pourraient me trahir. Voir le monde comme une enfant est très différent de celui quand on est grand. Pourtant, j'ai adoré notre séjour au Québec. J'ai de très bons souvenirs de cette époque. Les enfants sont très adaptables, et je me souviens que l’intégration était facile. J’allais à une école publique à Côte-des-Neiges. J'étais surprise par la diversité ethnique de ma classe. J'avais des amis qui parlaient vietnamien et philippin, d'autres parfaitement anglais et français. J'ai découvert le sirop d'érable, la neige et les vrais hivers, ainsi qu'une culture bienveillante, tolérante et ouverte. Je suis devenue accro.


Nous sommes revenues en Belgique pour nous rapprocher de ma famille. Ma grand-mère vieillissait et mon père, qui s'était remarié à l'époque, a eu un autre bébé. Ma mère a estimé qu'il valait mieux que je sois plus proche d’eux, alors nous sommes revenues. Elle ne l’a jamais dit, mais je pense que ce n’a pas été une décision facile pour elle. Elle a fait ce qu'elle pensait être le mieux pour moi, j'en suis sûre, et pour ça je lui en serai toujours reconnaissante.


Parfois, je me demande cependant à quel point ma vie aurait été différente si nous étions restées.


Depuis lors, je me suis toujours demandée si je retournerais au Canada. Ca a toujours été dans mon esprit, comme quelque chose que je pourrais faire plus tard dans ma vie, si les circonstances me le permettaient. Je n’ai pas nécessairement fait beaucoup d’efforts dans ce sens, car d’autres opportunités se sont présentées. Mais je le mentionnais de temps en temps. Par exemple, j'ai envisagé de faire mes études de master à Montréal. Je ne l’ai pas fait au final, mais j’ai toujours flirté avec l’idée.


Puis quelque chose d'inattendu s'est produit. Je suis tombée amoureuse d'un Canadien. Déménager au Canada est un sujet qui a vite surgit. C’est le problème lorsque vous commencez une relation avec une personne qui n’habite pas votre pays d’origine. Vous n'avez pas le luxe d'attendre et de voir comment les choses évoluent. Vous devez prendre une décision rapidement, car si vous ne le faites pas, vous risquez de perdre la personne pour toujours. Au moins l'un d’entre vous doit accepter de partir et de s'installer dans un pays étranger. Ce n’est pas une décision facile, loin de là. Nous nous sentions si jeunes, mais les responsabilités étaient là.


Ce n’a pas été un processus simple, ça a pris du temps. Lorsque vous vivez dans un pays de l’UE, vous avez l’idée erronée que partir à l’étranger n’est pas si difficile. Nous avons beaucoup de chance ici. Tout ressortissant de l'UE peut travailler dans un autre pays européen et bénéficier des mêmes avantages sociaux que les citoyens de ce pays. Mon compagnon a pu venir vivre en Belgique grâce à sa double nationalité. Ce ne sera pas si facile pour moi et nous le savions. Nous avons trouvé une solution. Après tout, nous savons comment gérer nos affaires en cas de besoin.


Nous y sommes donc. Cet été, nous déménageons à Toronto, la ville natale de mon compagnon. Je n'y suis allée qu'une fois, il y a quelques années. J'ai aimé la ville. Nous aimons tous les deux les grandes métropoles. Lorsque vous héritez d'un physique qui vous démarque de la norme (en raison de son orientation sexuelle, de sa couleur de peau, de sa taille ou même de la langue) vous aspirez à l'anonymat qu’offrent les métropoles. Personne ne se soucie de votre différence, personne ne vous remarque. Que veut dire différent quand vous vivez dans une ville de 3 millions d'habitants ? Je pense aussi que les citadins sont plus ouverts d'esprit et plus susceptibles d'être curieux de nouvelles choses et de nouvelles expériences. Nous aimons aussi l'accessibilité que les villes vous offrent. Nous aimons être là où les choses se passent, être capable de prendre part aux nouvelles tendances. Ce n’est clairement pas attrayant pour tout le monde, mais ça l’est pour moi.


Je n'ai pas encore beaucoup planifié. Je n'ai pas de travail, je n'ai pas de logement, je n'ai pas d'amis. Ai-je peur ? Je suppose que oui. Je sais que tout ira bien. Je crois en moi-même et je prouverai au monde que je peux le faire. Même si ce n’est pas pour toujours, même si je dois rentrer chez moi une fois mon visa expiré. Je m’en rappelerais comme d'une aventure amusante.


Si quelqu'un de Toronto me lit, n'hésitez pas à me contacter. Je suis sympa, promis ! Et je suis une excellente compagne de beuverie. Si vous avez également des suggestions sur ce qu'il faut faire dans la région, venez les partager dans les commentaires ci-dessous ou sur la page Facebook de The Curious Métisse.

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