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Un Cas qui Supporte l'Intersectionnalité



Je vous écris presque en direct aujourd'hui. Je suis actuellement à Budapest pour aider mon équipe à organiser une conférence internationale de 400 participants. C’est la folie. Je fais des journées de seize heures, presque constamment debout. Il y a toujours quelque chose à faire, quelqu'un à qui parler ou à aider. Je mange quand je peux, essaie de boire suffisamment d'eau pour soulager le mal de tête causé par le manque de sommeil.


Comme vous pouvez l’imaginer, je n’ai pas beaucoup de temps à consacrer au blog. Cela me rend triste, déçue de moi-même, mais il ne sert à rien de me réprimander. Le poste d’aujourd’hui n'est pas un article de blog, pas vraiment, mais plutôt une anecdote, quelque chose dont certains ne se rendent pas bien compte.


Hier, un de nos délégués s’est plaint sur l’application de notre conférence que la session sponsorisée à laquelle ils avaient assisté avait un panel de sept hommes. Ils ont indiqué qu’un groupe exclusivement masculin ne devrait plus être permis de nos jours, « surtout avec autant de générations futures dans la salle » ... Un autre délégué a indiqué son accord, puis la conversation s’est en quelque sorte éteinte. Je sais que mon équipe n’a pas répondu. Nous n'avons pas le temps ? Nous ne voulons pas y consacrer du temps ? Quel dommage, ils doivent penser. Quel mépris pour les droits des femmes !


J'aurais aimé que vous puissiez voir le regard sur mon visage après avoir lu le message. Haha. J'ai ri. Ce n’était pas drôle.


Alors que nos féministes scandalisées sont offusquées de voir un panel exclusivement masculin lors d'une session sponsorisée (c'est-à-dire payée par une entreprise privée) personne ne peut ignorer le fait qu'il n'y a presque pas de diversité raciale et ethnique parmi les 400 participants de cette conférence. Je les ai comptés, je ne pouvais pas m'en empêcher. Sur 400 délégués, et sans compter le groupe organisé de professionnels vietnamiens venus à notre conférence pour pouvoir profiter de vacances payées par leur entreprise, j’ai remarqué six personnes appartenant à un groupe de minorité visible.


Trois d'entre eux sont de jeunes professionnels. Moi incluse.


La conférence de mon association n’est pas l’exception. Oh non, ça se passe aussi à Bruxelles, dans toutes ces plénières, ateliers et discussions qui se déroulent dans la bulle de l'Union Européenne. J’en ai été témoin encore et encore. La conférence de mon association n’est qu’un autre exemple d’un problème plus important, un problème négligé de racisme institutionnel et de sous-représentation des minorités aux postes de direction en Europe.


La réalité est que les minorités noires et asiatiques sont presque inexistantes lors d'événements réunissant experts, universitaires, gestionnaires et politiciens. Pourquoi ? Parce que les minorités noires et asiatiques n’occupent pas ces postes. Je l'ai déjà mentionné sur les réseaux sociaux. Environ 50 millions de personnes appartenant à une minorité raciale ou ethnique vivent dans l’Union Européenne. C'est 10% de la population. Selon les meilleures estimations, la population minoritaire directement employée par les institutions de l'Union Européenne serait d'environ 1%. Un ridicule pourcent.


Donc oui, j'ai ri. Parce que je sais que plusieurs panels composés exclusivement de femmes sont prévus durant les trois jours de la conférence. Et je sais, oh je sais que personne ne se plaindra d'un manque d'équilibre entre les sexes à ce moment là. Parce que j'attends toujours de voir un, un seul groupe composé exclusivement de minorités lors d'une conférence européenne. Parce que j'ai peu d'espoir que cela se produise bientôt. Et parce que j'ai le sentiment que, à part quelques personnes, personne ne pense que c'est un problème à résoudre.


Parce que quand vous êtes privilégié, pourquoi vous en soucier ?

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